La Zazen journée (ou Jour de la Révélation) : le jour fatidique où les Zazen ont réalisé leur Zazen devenir et ont endossé leur titre. L’illumination en question eut lieu un matin où elles furent accueillies par un bonze affable dans un temple bouddhiste de construction récente. Les membres de l’équipée étaient tenus de faire le vide absolu dans leur esprit, face à un mur stérile, dans la position - ô combien difficile à tenir – du lotus. Tandis que les participants parvenaient enfin à se détacher de toute préoccupation matérielle au prix d’efforts méritoires, un individu manifestement trop concentré sur la douleur lancinante qui lui vrillait la jambe s’écroula dans un grand vacarme. Le vide spirituel fut instantanément rempli par un rire communicatif, prouvant que les jeunes disciples étaient encore loin d’atteindre le stade idéal de méditation. Le prix de cette inconséquence : un coup de bâton vigoureusement assené sur l’épaule droite. L’attente anxieuse de recevoir la dite punition, l’envie nerveuse de rire en entendant les claquements secs sur les épaules voisines et les pas du bonze se rapprochant valaient bien la douleur du coup.
En contemplant certaines de leurs épaules rougies à la sortie, les Zazen se rendirent compte que le Zazen spirit était désormais gravé pour ainsi dire dans leur chair. Dès lors, elles décidèrent d’accoler l’adjectif Zazen à tout ce qui leur paraissait digne de faire partie de leur monde. Ce jour là, elles virent des Zazen biches à Nara, rencontrèrent le Zazen Judas, et manquèrent d’attraper un Zazen cancer.
La journée du Gn : du nom d’Andrew Gn, un styliste dont les créations avaient eu le malheur de se retrouver dans un quelconque musée de la soie un jour où les Zazen étaient de fort mauvaise humeur. Ces dernières étaient en effet fatiguées de passer leurs journées à courir ventre à terre et à grimper les marches colossales menant aux innombrables temples de la ville. Les gouttes d’eau qui firent déborder le vase furent probablement les multiples « pauses clopes » accordées aux Zacos du groupe, alors que les tentatives des Zazen d’obtenir un peu de quartier libre restèrent vaines. Ce jour maussade fut donc nommé « Journée du Gn », car quel autre son sinon « Gn ! » peut-il exprimer aussi bien la frustration poignante ressentie à ce moment ?
« Oh, un bus » : instant resté mémorable grâce à une action de Zazen Bleu le jour du départ vers le pays du Soleil Levant. Apercevant par une fenêtre de l’aéroport une navette qui fait le lien avec les appareils au sol, elle se penche et s’exclame ingénument :
« Oh, un bus ! »
Avant de s’écraser la tête contre la vitre.
Zazen Rouge consignera dans ses rapports : « Il est 8 heures du matin, Alex se mange une vitre. » C’était un présage qui augurait de grandes choses quant à la suite du voyage.

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