30 avril, 2009

Kaiba

Par Zazen Rouge

Attention, rien à voir avec le multimillionnaire égocentrique d’une autre série dont je ne citerai pas le nom, afin de ne pas attirer l’attention sur mes références pathétiques. "Kaiba" est un animé de 12 épisodes sortis l’année dernière (j’en suis au septième pour le moment). Masaaki Yuasa en est le directeur ; c’est manifestement un grand monsieur de la japanimation, qui a travaillé sur « Nekojiru-sô » et « Kemonozume » dont j’ai entendu des critiques élogieuses. Que ceux qui ont eu l’occasion de visionner ces séries nous fassent un petit commentaire !


J’avouerai que ce qui m’a poussé à regarder « Kaiba », c’est d’abord son style graphique. L’œuvre de Yuasa présente à la fois des traits old school, réminiscences des personnages d’Osamu Tezuka, ainsi que des visuels pop évoquant vaguement ceux de Takashi Murakami. « Kaiba » combine à ce côté sucré des thèmes sérieux comme ceux de la culpabilité, de la prostitution, de la beauté, ou encore de la transsexualité. D’une manière générale, la série questionne nos rapports à l’identité, à la mémoire et au corps. Vous allez sans doute me dire que l’histoire abonde en anecdotes mélodramatiques, que j’ai tant de facilités à décrier d’habitude. Certes, mais leur remarquable mise en scène leur donne une portée bien plus puissante que celle que peuvent avoir d’autres séries enfantino-gores (indice : « Elfen Lied »). Tout est vu au travers d’un prisme coloré, et le peu de dialogues évite de nous imposer une morale trop explicite.



Le premier épisode s’ouvre sur l’éveil d’un garçon aux cheveux verts et dont la poitrine est percée d’un trou béant. Nous avons tôt fait de comprendre que ce garçon – appelons le Kaiba - a perdu la mémoire, et que des individus peu sympathiques en ont après son corps… Car dans ce monde futuriste, la technologie permet de concentrer la mémoire dans des puces, qui peuvent être insérées dans de nouvelles enveloppes corporelles. Mais les corps sont des denrées rares qui reviennent de droit aux plus riches. La fuite de Kaiba, à la recherche de ses souvenirs, est un prétexte pour nous montrer tout un univers psychédélique. Les ressortissants de chaque planète sont terriblement attachants. Les voix japonaises sont expressives, et j’espère que la traduction française, si elle se fait un jour, parviendra à retranscrire la diversité des accents et dialectes (en attendant, vous pouvez trouver la série fansubbée en anglais).



Ah oui, « Kaiba » entre dans la catégorie « OVNIs expérimentaux que seule Zazen Rouge a la foi de regarder », donc faites le test du trailer pour voir si vous arrivez à supporter les graphismes. Dans le cas échéant, je vous conseille fortement de tester le premier épisode.

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